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Journée Internationale de la Langue Maternelle

Internet, un espace multilingue

L’anglais, langue dominante?

Une des hypothèses avancées il y a quelques années lors de la démocratisation d’Internet en France était qu’étant donnée la prédominance des sites en anglais, il était fort à craindre que la Toile entraînerait une forte percée de cette langue dans la culture française. Rappelons qu’à peu près à la même la France luttait bec et ongles pour une exception culturelle, seul rempart face à la culture anglo-saxonne. Quelques années plus tard, la prédiction annoncée s’est avérée inexacte. Les différentes études menées montrent que lorsqu’il existe un nombre important de sites accessibles dans sa langue maternelle, un internaute consulte majoritairement des sites dans cette langue, l’anglais n’étant alors utilisé que lorsque l’information cherchée n’est pas disponible. A l’inverse, lorsque peu de pages sont accessibles dans sa langue maternelle, l’internaute utilise principalement l’anglais, sa langue étant relegué à un rôle plus local (comme les actualités par exemple). Le passage d’un nombre restreint de sites en français à un nombre plus élevé s’explique par deux phénoménes: d’une part, l’explosion de l’accés à Internet dans les foyers français, couplé à l’époque aux nombreuses offres d’hébergement de pages personnelles disponibles, à permis à chaque utilisateur de créer son propre site, entraînant un effet "boule de neige": plus de pages deviennent disponibles en français, donc plus le français est utilisé, donc plus de nouvelles pages sont créées en français. Il s’agit là d’un cercle vertueux, qui à priori s’appliquera aussi aux langues peu développées sur Internet au fur et à mesure que le nombre d’internautes croîtra.

Les langues régionales ou minoritaires

Des langues en voie de disparition

Sur les quelques 6000 langues recensées par l’UNESCO, plus de la moitié sont considérées en voie de disparition. Les pressions sociales, culturelles et politiques poussant à l’uniformisation, les langues minoritaires ou régionales disparaissent peu à peu. Le cas est particulièrement flagrant en Afrique, ou devant la multitude de dialectes tribaux, le choix a été fait de limiter les démarches administratives à la langue officielle. L’exode rural aidant, la population pratique alors de plus en plus cette langue officielle au détriment de leur langue maternelle. Il n’est toutefois pas nécessaire d’aller si loin pour trouver des exemples de langue en danger. Ainsi, même si il est depuis quelques années possibles d’apprendre le breton, l’occitan ou l’alsacien à l’école, on peut se demander quel est le futur possible pour ces langues. Prenons le cas de l’alsacien. Principalement parlé dans un contexte familial, en dehors des générations les plus anciennes, la langue meurt peu à peu. En effet, plus aucun nouveau n’est créé et les termes français sont incorporés tels quels, sans même une prononciation "à l’alsacienne". Certes le français utilise lui aussi des termes empruntés à d’autres langues (le vocabulaire technique anglais de certains domaines par exemple), mais ces termes sont en général "francisés" au passage par l’accent français tant apprécié des américains. Du fait de la proximité avec l’Allemagne, l’apprentissage linguistique se porte plutôt vers un bilinguisme français-allemand, considéré comme plus "rentable" d’un point de vue culturel et professionnel, l’alsacien n’étant compris des deux côtés de la frontière que dans l’espace alémanique (Alsace-Moselle, Bade-Wurtemberg, Suisse allemande). L’alsacien devient alors une langue d’enferment, à une époque ou la mobilité géographique est requise.

Sauvegarde

Comme nous l’avons vu plus haut, Internet semble être un outil particulièrement efficace pour la croissance naturelle du contenu accessible dans une langue. L’UNESCO mène par conséquent des missions de créations de grammaires et dictionnaires pour les langues qui n’étaient jusqu’ici qu’orale, ceci en vue de publier du contenu dans ces langues, les plus menacées car sans supports écrits disponibles. Si de telles actions sont suffisantes pour garder des traces de ces langues locales, on peut tout de même penser qu’elles ne serviront qu’à la création d’un "musée". En effet, le niveau de vie étant ce qu’il est dans ces régions, les populations pratiquant ces langues n’auront pas accés à Internet, ce qui n’entraînera pas le cercle vertueux décrit plus haut. Il est donc fort probable que ces langues finiront tôt ou tard par mourrir, même si l’initiative de l’UNESCO aura permis d’en conserver une mémoire.

Perspectives d’avenir

Comme nous venons de le voir, Internet peut être un formidable outil de préservation des langues, à condition qu’il existe des utilisateurs pratiquant ces langues. On peut donc penser que seules les langues régionales ou minoritaires des pays développés pourront en profiter, préservant ainsi un peu plus la richesse culturelle des pays déjà considérés comme "riches", sans pour autant aider les pays pauvres à préserver leur propre richesse.

Bibliographie

# Publié le 22-02-2006 à 00:15 par Christophe Garrigue.
Dans la rubrique Culture.

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